Nous avons tous pu voir depuis deux ans la transformation de l’architecture intérieure des bureaux de Poste français. En effet, les bureaux de Poste se transforment doucement mais sûrement en supermarché. Voici quelques photos de la Poste de mon lieu de vacances, mais je pense que c’est partout pareil.

Au lieu d’essayer de réduire les longues files d’attente, les dirigeants de la Poste ont eu cette idée géniale : profiter de l’attente des usagers. La Poste a donc collé de la pub et des objets à vendre le long des files d’attente. La Poste applique donc la technique de vente que l’on trouve dans les supermarchés le long des files d’attente menant vers les caisses enregistreuses (paquets de bonbons, chocolat… au niveau des yeux des enfants).
C’est d’un cynisme incroyable, La Poste, service public, se sert de ses défauts (je ne comprends toujours pas, comment peut-on aller chercher une lettre recommandée en dehors des heures de bureaux?) pour nous fourguer tout et n’importe quoi.
La Poste aurait pu utiliser son budget d’architecture intérieure pour améliorer le système de files d’attente, séparer clairement l’activité bancaire et postale dans ses agences, améliorer le classement et le tri des colis recommandés… bref améliorer la vie des usagers et aussi de ses employés (car tenir le guichet d’une poste n’est probablement pas toujours une partie de plaisir. L’humeur des usagers après plus de trente minutes d’attente dans l’unique but de poster un pli peut parfois subir quelques variations). La Poste tout comme la SNCF nous prend donc pour des consommateurs et non pas pour des usagers. Il existe une grande différence entre ces deux termes, mais visiblement dans les écoles de commerce françaises la notion d’usager doit probablement être jugée ringarde et obsolète.

le site LaPoste.fr
Si vous allez sur le site web de La Poste, au contraire de celui de la SNCF, ce site est tout à fait clair et respectueux des internautes. Pas de pubs partout, un contenu simple et précis, séparation entre professionnels et particuliers…
On peut bien entendu noter ce clin d’œil à la pochette de l’album NeverMind de Nirvana (même si je ne suis pas certain que le directeur de La Poste soit un grand fan de Nirvana et du Grunge;-)


Sur le site réservé au grand public, les informations sont assez claires, utilisation des menus et sous-menus permettant de naviguer très rapidement dans le site… bref on ne nous prend pas pour des idiots et ça fait presque plaisir.
Quelques remarques tout de même : «ACHETEZ» est le premier intitulé qui apparaît dans les menus principaux avant «ENVOYEz ET RECEVEZ DU COURRIER», mais c’est de bonne guerre (j’emploie le mot « guerre » volontairement!).

Par contre dès que l’on rentre dans les détails, le procédé est le même. Les rois des forfaits compliqués et embrouillés ont encore frappé : Colissimo Emballage, Colissimo Recommandé, Colissimo, Colissimo Expert, Colissimo Acess, Chrono 10, Chrono 13, Chrono 18, Chrono Relais, Chrono Premium, Chrono Express, Chrono Import… mais La Poste a au moins la volonté d’afficher ses tarifs très clairement sur son site Web (contrairement à la gestion totalement opaque de la SNCF).
remarques sur le logo de la Poste
pas de commentaire sur la petite boule jaune (très Web 2.0 qui va très mal vieillir), mais surtout ce qui choque c’est la différence d’inclinaison entre la typo et le logo.
Pourquoi ne pas incliner la typo dans la même oblique que le logo ? Soit on utilise une typo dans un style «regular» soit on opte pour l’option « italique », mais dans la même inclinaison que le dessin du logo. Dans la précédente version du logo, nous étions confrontés au même phénomène. Par exemple l’ancien logo SNCF, avait le même degré d’inclinaison que l’italique (ou l’oblique) de l’Univers (sa typo d’accompagnement). Avoir le même degré d’inclinaison permet d’obtenir une cohérence visuelle et une plus grande fluidité dans la perception du dessin du logo.